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Les chiffres en langue des signes française (LSF) : guide complet
- Publié le
- Modifié le 24 juin 2026
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🔎 En bref
✅ Les chiffres en LSF suivent une logique cohérente, mais ils s’apprennent. Ils ne s’inventent pas : configuration des doigts, orientation de la paume et mouvement sont tous les trois significatifs.
✅ Les nombres de 11 à 19 ont leur propre dynamique de mouvement (ascendant de 11 à 15, descendant de 16 à 19). Ils ne se signent pas comme la somme de deux chiffres.
✅ L’expression du visage est une composante grammaticale en LSF, pas un simple accompagnement. Signer uniquement avec les mains ne suffit pas.
✅ La plus grande erreur des débutants est de s’entraîner uniquement à produire des chiffres, sans jamais travailler la réception, or c’est souvent là que la communication bloque.
Pourquoi les chiffres sont essentiels en LSF
On sous-estime souvent les chiffres quand on commence à apprendre la langue des signes. On se concentre sur les salutations, le vocabulaire de base, les expressions du visage et les nombres passent au second plan. C’est une erreur fréquente.
Dans la réalité d’une conversation avec une personne sourde ou malentendante, les chiffres apparaissent à tout moment :
- donner ou confirmer un numéro de téléphone,
- indiquer une heure ou une date pour un rendez-vous médical,
- exprimer un prix,
- communiquer une adresse ou un code postal.
Dans les métiers qui impliquent un contact avec le public, secrétariat médical, assistanat, accueil, commerce, maîtriser les chiffres en LSF n’est pas un bonus, c’est une compétence de base. C’est ce qui fait la différence entre une communication approximative et une vraie interaction fluide.
💡 Bon à savoir
En France, environ 300 000 personnes utilisent la LSF au quotidien (source : ministère de la Culture). Parmi elles, une majorité est en situation de travail ou d’interaction avec des services administratifs et de santé, des contextes où les chiffres sont omniprésents.
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La logique du système numérique LSF
La main dominante et la main d’appui
En LSF, les chiffres se forment principalement avec la main dominante (droite pour un droitier, gauche pour un gaucher). Pour les nombres simples de 1 à 9, cette seule main suffit. Pour les nombres plus complexes, la main non dominante peut servir de support ou de référence spatiale.
Une langue à part entière, pas un geste universel
C’est un point crucial à comprendre dès le départ : la LSF n’est pas un langage gestuel intuitif. Les chiffres en LSF ne s’inventent pas, ils suivent des conventions précises, apprises et partagées par la communauté sourde française. Ce n’est pas parce qu’on lève trois doigts qu’on signe automatiquement « 3 » de façon correcte : la configuration exacte des doigts, leur orientation et leur position importent.
LSF ≠ ASL ≠ BSL : les chiffres ne sont pas universels
Il n’existe pas une seule « langue des signes » dans le monde. Chaque pays, parfois chaque région, possède sa propre langue des signes, avec sa grammaire, son vocabulaire et ses chiffres propres. L’American Sign Language (ASL), la British Sign Language (BSL) et la LSF sont trois langues distinctes, mutuellement inintelligibles sur de nombreux points.
👉 Conséquence pratique : les vidéos de chiffres en ASL que l’on trouve facilement sur YouTube ne sont pas toujours transposables à la LSF. Se former spécifiquement sur la LSF française est indispensable si vous souhaitez communiquer avec la communauté sourde en France.
Les chiffres de 1 à 10 : la base à maîtriser absolument
Les chiffres de 1 à 10 constituent le socle de tout le système numérique LSF. Ce sont les configurations utilisées le plus souvent, directement ou comme « briques » pour construire des nombres plus grands. Signer ces chiffres est assez intuitif, comme le montre l’illustration ci-dessous :

De 11 à 99 : comprendre la structure des dizaines
Les nombres de 11 à 19 : le mouvement ascendant/descendant
Les nombres de 11 à 19 suivent une règle de mouvement qui surprend souvent les débutants. Ce n’est pas un simple empilement de signes : les chiffres de 11 à 15 s’accompagnent d’un mouvement vers le haut, tandis que 16 à 19 utilisent un mouvement vers le bas. Ce changement de direction est un marqueur linguistique propre à la LSF. Il ne peut pas être deviné, il doit être appris.
⚠️ Erreur fréquente : beaucoup d’apprenants signent 11 comme « 10 + 1 » en enchaînant les deux signes avec une pause. Ce n’est pas ainsi que fonctionne la LSF : 11 est un signe avec son propre mouvement. La fluidité prime sur la décomposition mécanique.

Les dizaines de 20 à 90
Chaque dizaine possède sa propre configuration de main. Elles ne s’obtiennent pas en ajoutant un zéro au signe de l’unité correspondante.
Repères principaux :
- 20 utilise une pince fermée pouce-index ;
- 30 reprend la configuration du 3 avec un mouvement spécifique ;
- 40 mobilise quatre doigts avec un mouvement des phalanges ;
- 50 se rapproche du mouvement du 20 avec les doigts levés ;
- 60 se distingue en combinant 6 et 0
- 70 à 90 combinent la configuration de l’unité correspondante (6, 7, 8, 9) avec le mouvement propre aux dizaines.
Former les nombres composés
Pour les nombres entre deux dizaines, on signe d’abord le chiffre de la dizaine, puis l’unité, en enchaînant les deux configurations de façon fluide et continue. 47 = signe de 4 + signe de 7, sans pause entre les deux.
Conseil pratique : entraînez-vous à signer votre numéro de téléphone en LSF. C’est un exercice concret qui force à maîtriser les chiffres dans l’ordre et à acquérir de la fluidité exactement comme les pianistes font des gammes.
La vidéo ci-dessous récapitule les chiffres et les nombres en LSF et inclut les grands nombres 100, 1000, etc. :
Heures, jours, années : les chiffres dans le temps
Exprimer l’heure
Pour exprimer l’heure en LSF, il faut tout d’abord décomposer la journée comme suit :
- Matin
- Midi
- Après-midi
- Soir
- Minuit
Il faut ensuite signer le chiffre suivi du moment de la journée correspondant. La vidéo ci-dessous présente l’expression de l’heure en LSF.
Exprimer une date
En LSF, la date se construit dans l’ordre jour/mois/ identique à l’ordre écrit en français. Le mois peut être signé par son numéro ou par son signe lexical propre. Dans les contextes formels ou de précision, utiliser le numéro du mois est souvent plus clair.
Le signe « année » : attention à la confusion
Le signe pour « année » se distingue par un mouvement de glissement vers l’avant suivi d’un retour. Il ne faut pas le confondre avec le signe « travailler », qui utilise un signe similaire mais sans mouvement circulaire. C’est l’une des confusions les plus fréquentes chez les débutants et un bon rappel que la LSF ne se réduit jamais aux seuls gestes des mains : le contexte de la phrase lève généralement l’ambiguïté.
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Quantités et unités de mesure
Exprimer les quantités relatives
Au-delà des chiffres précis, la LSF dispose de signes spécifiques pour les quantités approximatives. Ce qui la distingue, c’est que ces notions sont souvent encodées dans l’intensité et l’amplitude du signe lui-même, pas dans un signe séparé :
- « beaucoup » s’exprime avec un mouvement ample des deux mains qui s’écartent ;
- « peu » avec une configuration resserrée et un mouvement minimal ;
- « rien » s’accompagne d’une expression faciale spécifique ;
- « tout » utilise un geste circulaire englobant l’espace devant soi.
Plutôt que de signer « beaucoup de vent », le signe « vent » lui-même sera amplifié pour exprimer l’intensité. Les chiffres fonctionnent de manière analogue pour les grandes quantités.
Les unités de mesure courantes
Les unités de mesure en LSF ont souvent une logique iconique qu’il est utile de repérer :
- le mètre « mesure » l’espace horizontalement avec les deux mains ;
- le kilomètre intègre l’initiale « K » dans la configuration ;
- le kilogramme combine le signe « kilo » avec un mouvement descendant ;
- le litre se signe avec un mouvement vers le bas évoquant le versement.
Vidéo récapitulative des unités de mesures courantes en LSF
Les erreurs fréquentes des débutants
Connaître les pièges courants permet d’apprendre plus vite et d’éviter de mauvaises habitudes difficiles à corriger ensuite.
Oublier l’expression du visage.
En LSF, les expressions faciales, la tension des sourcils, la direction du regard, l’ouverture de la bouche, sont des composantes grammaticales à part entière, pas un simple accompagnement émotionnel. Un chiffre signé avec un visage neutre peut manquer de clarté. Beaucoup de débutants se concentrent exclusivement sur leurs mains et négligent cette dimension.
Copier l’ASL.
Les ressources en ligne sont majoritairement en ASL. Les utiliser pour apprendre la LSF introduit des erreurs systématiques, notamment sur les chiffres 3, 7 et 9 dont la configuration diffère entre les deux langues.
Décomposer mécaniquement.
Signer « 13 » comme « 10 puis 3 » avec une pause entre les deux est une erreur de débutant. Les nombres de 11 à 19 ont leur propre dynamique. Ils ne sont pas la somme mécanique de deux signes.
Ignorer l’orientation de la paume.
La même configuration de doigts peut signifier deux choses différentes selon que la paume est orientée vers l’interlocuteur ou vers soi. Cette distinction d’orientation concerne plusieurs chiffres et est souvent absente des apprentissages autodidactes.
Ne pas s’entraîner à la réception.
Beaucoup de débutants s’entraînent à produire des chiffres, mais pas à les comprendre quand quelqu’un d’autre les signe. Dans une vraie conversation, c’est souvent la réception qui pose le plus de difficulté, surtout quand l’interlocuteur signe à vitesse naturelle.
Comment progresser efficacement sur les chiffres LSF
Pratiquer en miroir.
S’entraîner devant un miroir ou en se filmant est la méthode la plus efficace pour les chiffres. Elle permet de voir ce que voit réellement son interlocuteur, de repérer les configurations imprécises et de corriger l’orientation de la paume en temps réel.
Ancrer les chiffres dans des situations concrètes.
Plutôt que de mémoriser une liste de 1 à 100 dans l’abstrait, apprenez les chiffres dans des contextes réels : votre numéro de téléphone, votre adresse, votre âge, un prix courant. Le cerveau retient mieux ce qui a un sens pratique immédiat.
Travailler la réception autant que la production.
Regarder des vidéos de locuteurs natifs qui signent des chiffres et essayer de les comprendre sans sous-titres est un exercice difficile mais indispensable. La compréhension en temps réel est une compétence distincte de la production, et elle se développe avec un entraînement spécifique.
Intégrer un parcours structuré.
L’apprentissage autodidacte a ses limites : sans retour sur sa pratique, les mauvaises habitudes s’installent et se corrigent ensuite très difficilement. Un programme de formation avec un suivi pédagogique permet de progresser beaucoup plus vite et dans la bonne direction dès le départ.
Se former en LSF avec L’École Française
Progresser vraiment en LSF demande un cadre structuré. La formation LSF de L’École Française est 100 % en ligne, à votre rythme, et couvre l’ensemble des fondamentaux : alphabet, chiffres, vocabulaire du quotidien, syntaxe. Elle prépare à la certification LILATE, reconnue par France Compétences et valorisable sur un CV.
La formation est éligible au CPF, avec dans de nombreux cas une prise en charge totale. Que vous travailliez dans le secteur médical, administratif ou commercial, la LSF est une compétence rare et concrètement utile pour mieux accueillir et accompagner les personnes sourdes ou malentendantes.


