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L’histoire de la photographie

L’histoire de la photographie est apparue dans les années 1820. Comment est-elle née, qui l’a inventée, quels sont ses procédés ? A-t-elle été perçue comme une innovation importante, a-t-elle engendré une révolution dès le 19ème siècle ?

Le premier procédé photographique ou héliographie a été inventé par le français Joseph Nicéphore Niépce vers 1822. Il faudra plusieurs décennies et d’autres hommes pour perfectionner l’invention et la démocratiser. De nos jours, on n’imagine plus un monde sans images. Comment la photographie a-t-elle pris une telle place dans nos sociétés ?

L’histoire de la photographie

Qu’est-ce que la photographie ?

Le mot « photographie » signifie littéralement « dessin avec de la lumière ». Le mot aurait été inventé par le scientifique britannique Sir John Herschel en 1839 à partir des mots grecs phôs signifiant lumière et graphê signifiant dessin ou écriture.

La technologie qui a conduit à l’invention de la photographie combine deux sciences distinctes : l’optique, avec la convergence des rayons lumineux pour former une image à l’intérieur d’une caméra, et la chimie, pour permettre à cette image d’être capturée et enregistrée sur un support photosensible.

L’histoire de la photographie depuis 1820, des débuts hésitants

La photographie, c’est bientôt deux siècles d’inventions et de perfectionnement entre la première image figée, le développement, la première photographie en noir et blanc, et aujourd’hui, avec des photos en couleur prises avec un simple smartphone.

A ses prémices, la photographie a connu des balbutiements et il faudra attendre pour que l’art de la photographie soit reconnu par le public. A ses débuts, elle est mal accueillie, notamment par le monde artistique, car les peintres y voient un danger pour leur art.

Mais par la suite, la sphère politique y voit un moyen efficace pour asseoir son pouvoir, et la propagande par la photographie fera les beaux jours des régimes politiques des 19e et 20e siècles. Le monde scientifique y voit aussi la possibilité d’enrichir ses connaissances, d’aller plus loin dans la recherche, la précision.

Une révolution par l’image

Evidemment, il faudra plusieurs décennies pour que les techniques se précisent et que la photographie devienne plus accessible et plus performante.

C’est une véritable révolution par l’image qui s’est faite depuis les années 1830 à tel point que la photographie est considérée comme le huitième art avec la télévision et la radio, qui sont les « arts médiatiques ». En effet, la photographie a permis au visuel, à l’image de prendre la place principale dans les médias, et ainsi de devenir une véritable source d’information à elle seule. Elle a d’abord révolutionné le monde du journalisme avant de s’imposer dans toutes les strates de la société.

Des sociétés visuelles

De nos jours, on n’imagine plus un monde sans images, sans photos, sans couleurs, sans effets et même sans filtres ou retouches ! Le selfie a révolutionné l’art du portrait comme la photographie de paysages a révolutionné les tableaux des grands peintres.

La photographie est un indicateur puissant de l’évolution de nos sociétés où l’image tient une place centrale. Une photographie vaut souvent plus qu’un long discours ou que mille mots en termes d’efficacité. Outil de propagande, de communication, de publicité, de marketing mais aussi pratique plus ludique, de divertissement, accessible à tous.

La photographie sous toutes ses formes a pris de plus en plus de place dans les médias, sur les réseaux sociaux, bref dans nos façons de communiquer.

L’histoire de la photographie : sa naissance

Premières expériences photographiques

Vers 1800, l’Anglais Thomas Wedgwood réussit à produire une image en noir et blanc, à l’intérieur d’une camera obscura et à la fixer sur du papier et du cuir blanc traités au nitrate d’argent. Ce produit chimique est connu depuis le Moyen Âge pour s’obscurcir naturellement lorsqu’il est exposé à la lumière. Cependant, Wedgwood n’est pas en mesure de conserver définitivement l’image : ses parties plus claires finissent aussi par s’assombrir après plusieurs minutes.

L’inventeur de la photographie : le français Joseph Nicéphore Nièpce

En 1816, le Français Joseph Nicéphore Nièpce réussit à capturer de petites images sur du papier traité au chlorure d’argent, un produit chimique sensible à la lumière. Cependant, il ne parvient pas à préserver ses images. Il se met donc à expérimenter d’autres substances sensibles à la lumière et, en 1822, il invente un procédé qu’il nomme « héliographie ». Développant son procédé entre 1822 et 1827, il réussit à faire la première photographie conservée, datant probablement de 1825 ou 1827. Elle montre une fenêtre à Le Gras (Saint-Loup-de-Varennes, Saône-et-Loire) , sur un support de bitume de Judée étendu sur une plaque d’argent, après un temps de pose de plusieurs jours.

En 1829, Niépce s’associe à Louis Jacques Mandé Daguerre et en 1832, ils mettent au point, à partir du résidu de la distillation de l’essence de lavande, un second procédé produisant des images en une journée de temps de pose.

L’histoire de la photographie : ses outils

Le premier outil photographique : le daguerréotype en 1838

Niépce mort en 1833, Daguerre continue seul les travaux et invente, en 1838, le daguerréotype, premier procédé comportant une étape de développement.

C’est une plaque d’argent recouverte d’une fine couche d’iodure d’argent exposée dans la chambre obscure puis soumise à des vapeurs de mercure pour provoquer l’apparition de l’image formée au cours de l’exposition à la lumière.

Ce développement consiste en une telle amplification de l’effet de la lumière, que le temps de pose ne dépasse pas 30 minutes. Le fixage est obtenu par immersion dans de l’eau saturée de sel marin.

Daguerre vient d’inventer le développement des photos. Le 7 janvier 1839, sa découverte est présentée à l’Académie des Sciences.

En 1841, le physicien Fizeau remplaça l’iodure d’argent par le bromure d’argent dont la sensibilité à la lumière est supérieure. Il ne suffit plus que de quelques secondes de pose et il devient possible de faire des portraits.

Le daguerréotype devient une technique reconnue qui donne naissance à des œuvres célèbres telles que :

Les premiers studios de développement photo

Le daguerréotype est un succès immédiat et en quelques années, des studios de photographie se répandent dans Paris puis dans le monde entier. Désormais, les classes moyennes peuvent commander des portraits, usage qui était réservé à une certaine élite quand seule la peinture permettait, jusqu’alors, de se faire représenter.

Le calotype, ancêtre du négatif

En 1841, l’anglais William Henry Fox Talbot brevète le calotype, premier procédé négatif/positif qui permet la multiplication d’une même image grâce à l’obtention d’un négatif intermédiaire sur un papier au chlorure d’argent rendu translucide avec de la cire. Comme pour le daguerréotype, l’image est révélée au moyen d’un produit chimique, le révélateur : une solution d’acide gallique et de nitrate d’argent.

Ce processus d’impression négatif-positif restera la base de la reproduction photographique tout au long des 19e et 20e siècles, jusqu’à l’invention de la photographie numérique.

Le bain d’hyposulfite de soude, fixateur d’image

On doit à John Herschell d’avoir découvert, en 1839, le moyen de fixer ces images en les immergeant dans un bain d’hyposulfite de soude qui est encore aujourd’hui le composé essentiel des fixateurs photographiques.

Afin d’améliorer la transparence du négatif du calotype, Abel Niépce de Saint-Victor découvre en 1847 le moyen de remplacer le papier par du verre, les images deviennent alors extrêmement précises, obligeant les opticiens à mettre au point des objectifs encore plus performants.

L’américain Georges Eastman, fondateur de Kodak, conçoit, en 1888, l’idée du support souple. Les plaques de verre sont progressivement remplacées par les rouleaux de celluloïd.

L’obturateur

Vers 1880, naît l’obturateur, car la haute sensibilité des plaques nécessite la conception de mécanismes capables de laisser entrer la lumière dans l’appareil pendant 1/100 et même 1/1000 de seconde. Le posemètre devint alors un véritable instrument de mesure.

La reproduction des couleurs avec les frères Lumière

Il manquait à la photographie la reproduction des couleurs. Les premières tentatives à l’initiative d’Edmond Becquerel en 1848, puis de Abel Niépce de Saint-Victor en 1851 montrent qu’une plaque d’argent recouverte de chlorure d’argent pur reproduit directement les couleurs, mais de manière instable.

En 1869, Louis Ducos du Hauron réussit la première photographie en couleurs en appliquant le principe de la décomposition de la lumière par les trois couleurs fondamentales, le rouge, le jaune et le bleu.

Le premier procédé couleur monoplaque praticable par les amateurs naît en 1906. L’autochrome inventé par les frères Lumière reprend le principe de la synthèse trichrome réalisée cette fois sur une seule plaque par adjonction d’une mosaïque de microfiltres des trois couleurs, réalisée au moyen de grains de fécules de pomme de terre.

Le principe trichrome est repris par la Société Agfa pour mettre au point en 1936, les pellicules Agfacolor.

La place de la photographie dans nos sociétés

L’intérêt de Louis-Napoléon Bonaparte

Gustave Le Gray est le premier photographe officiel d’un chef d’État français : Louis-Napoléon Bonaparte, président en 1848 puis empereur à partir de 1852. Comme d’autres monarques (la reine Victoria d’Angleterre, par exemple), Louis-Napoléon se rend rapidement compte que la photographie permet d’humaniser sa souveraineté et de se rapprocher de son peuple. Les photographies peuvent être reproduites en grand nombre et sous divers formats, en cartes de visite de poche ou en estampes plus luxueuses : quelle diffusion dans tout l’Empire !

Missions scientifiques et reportages photographiques

La photographie n’est pas utilisée que pour le portrait. Les photographes sont demandés pour documenter toutes sortes de sujets à des fins scientifiques. Napoléon III lui-même a initié certains de ces projets : la mission héliographique, par exemple, a pour but de photographier les édifices historiques français en péril. Il fait aussi venir des photographes durant la guerre de Crimée pour suivre les troupes françaises engagées contre la Russie. Le reportage photographique et le reportage de guerre sont nés !

Le début de la photographie de presse

Avant l’invention de la photographie, les actualités et les nouvelles sont rapportées par l’écriture ou parfois par des estampes ou des peintures. Ce n’est qu’en 1848, au moment de la chute de la monarchie de Juillet, que l’on produit une photographie d’un événement en cours : la barricade de la rue Saint-Maur (25-26 juin). Elle sera largement reproduite et diffusée. Cette photographie est la première photographie historique de France.

Un aperçu photographique de l’Histoire

Grâce à la photographie, notre perception du Second Empire français est totalement différente des périodes précédentes. Nous pouvons regarder des scènes de rues, des paysages de construction des villes, la famille impériale avec les portraits officiels.

L’histoire de la photographie : sa vulgarisation au début du 20e siècle

Pendant les années qui suivent l’invention de Louis Daguerre, les artistes n’étaient pas encore prêts à accepter la photographie comme un art à part entière.

Il faut attendre l’Exposition Universelle de Paris de 1859 pour que les photos et les arts classiques (sculpture, peinture, gravure) soient exposés les uns à côté des autres. La commercialisation du premier appareil photo Kodak en 1888 contribue à rendre la photo accessible à la classe moyenne. 

Mais ce n’est qu’au 20e siècle que la photographie connaît son apogée, notamment durant la première guerre mondiale.

Les artistes d’avant-garde prennent en photo les tranchées mais aussi la vie quotidienne du peuple. Après la guerre, la photographie devient un moyen d’immortaliser les changements de la société et la reconstruction.

C’est durant cette période que se développe le photojournalisme, un art prisé par les photographes souhaitant faire de leur art un véritable métier.

Ainsi jusqu’en 1950, les photographes font des photos des premiers trains, des industries et des usines, des centres urbains et des voitures pour la classe populaire. La photographie est alors un véritable bouleversement pour les populations, qui voient les évolutions de la société contemporaine.

Du 20ème siècle à nos jours : l’apparition de la photo digitale

Durant les années 60, il y a un pic d’avancement dans la recherche de la photographie digitale, grâce au travail de George Smith et de William Boyle, même si à l’époque, les photos ne faisaient que 100 pixels, contre plus de 14 mégapixels aujourd’hui.

Photo noir et blanc, en sépia ou encore en couleur, les photographes donnent naissance à leur esthétique propre grâce aux filtres numériques développés par les laboratoires de recherche Bell.

Parmi les grands photographes du 20e siècle, on citera :
  • Robert Capa
  • Ansel Adams
  • Philippe Halsman
  • W. Eugene Smith
  • Dorothea Lange

Influencés par l’art abstrait, les photographes professionnels enseignent dans les universités les plus prestigieuses des Etats-Unis. Dans les années 1960, l’art photographique devient également populaire en Asie avec des magazines spécialisés.

Depuis 2000, la chambre noire laisse place aux retouches photo digitales, avec notamment le logiciel Photoshop. A l’ère du numérique, les photographes néophytes ne souhaitent plus passer des heures en développement : l’impression se fait directement depuis son ordinateur.

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